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Hanane Hajji vous explique : Le licenciement simultané à l’action en justice du salarié n’est pas illicite.

Le 23 novembre 2020

Dans un arrêt du 4 novembre 2020, La cour de Cassation a rendu une décision considérant que le seul fait qu’une action en justice exercée par le salarié soit contemporaine d’une mesure de licenciement ne fait pas présumer que celle-ci procède d’une atteinte à la liberté fondamentale d’agir en justice
 
En l’espèce, deux salariés avaient reçu un avertissement pour non-respect des lieux de pause.
Ces derniers ont donc saisi la juridiction prud’homale pour obtenir l’annulation de cette sanction.
A la suite d’un contrôle opéré sur une tournée, ils ont été mis à pied à titre conservatoire puis licenciés pour faute grave au motif de la réalisation d’une collecte bilatérale interdite et dangereuse.
Soutenant que leur licenciement intervenait en violation de la liberté fondamentale d’agir en justice et encourait la nullité, ils ont saisi la formation de référé du conseil de prud’hommes aux fins que leur réintégration soit ordonnée et que l’employeur soit condamné à leur payer des rappels de salaire depuis la mise à pied.
 
La cour d’appel de Caen dans un arrêt du 20 décembre 2018 rejette leurs demandes considérant que « la seule circonstance qu’une procédure de licenciement ait été engagée immédiatement après l’introduction d’une action en justice exercée par le salarié ne fait pas présumer une atteinte à la liberté fondamentale d’agir quand il appartenait à l’employeur d’établir que sa décision de licencier le salarié était justifiée par des éléments étrangers à toute volonté de sanctionner l’exercice par celui-ci de son droit d’agir en justice. »
 
La cour de Cassation rejette les pourvois et confirme la décision de la cour d’appel, considérant que « Le seul fait qu’une action en justice exercée par le salarié soit contemporaine d’une mesure de licenciement ne fait pas présumer que celle-ci procède d’une atteinte à la liberté fondamentale d’agir en justice. » :
 
« 9. Le seul fait qu’une action en justice exercée par le salarié soit contemporaine d’une mesure de licenciement ne fait pas présumer que celle-ci procède d’une atteinte à la liberté fondamentale d’agir en justice. 
 
10. La cour d’appel a constaté, dans le cadre de son pouvoir souverain d’appréciation des éléments de fait et de preuve qui lui étaient soumis, que les actions en justice engagées portaient sur la question du lieu de pause, soit sur une question sans rapport avec le motif de licenciement, que la lettre de licenciement ne contenait pas de référence à ces actions en justice, que la procédure de licenciement avait été régulièrement suivie et que la lettre de notification du licenciement était motivée en ce qu’elle contenait l’exposé de faits circonstanciés dont il appartient à la seule juridiction du fond de déterminer s’ils présentent un caractère réel et sérieux notamment au regard de la pratique antérieure, des consignes et de la formation reçues et qu’enfin, pour avoir été inopiné, le contrôle terrain n’en était pas moins une pratique dans l’entreprise dont la déloyauté n’était pas en l’état manifeste s’agissant de celui du 29 janvier 2018, ce dont il résultait que le licenciement ne présentait pas de caractère manifestement illicite. Elle en a, sans inverser la charge de la preuve et procédant à la recherche prétendument omise, exactement déduit l’absence d’un trouble manifestement illicite.
 
11. Le moyen n’est donc pas fondé. »
 
POUR EN SAVOIR PLUS :

https://www.courdecassation.fr/jurisprudence_2/chambre_sociale_576/970_4_45822.html